Le seul et unique Ivan : Katherine Applegate

9791023502886

Je suis très fière de chroniquer un livre qui m’a été conseillé par ma propre fille ! Eh oui, la lecture, on a ça dans le sang. Jeanne, 9 ans, fait partie d’un club de lecteurs créé par la dynamique médiathèque de notre ville. Les membres ont pris l’habitude de se réunir une fois par mois dans une drôle de boîte rouge pour débattre de leurs lectures. Leur mission est de la plus haute importance puisqu’ils devront décerner à la fin de l’année scolaire le prix littéraire « Bouquin’Heure ». Je vous en tiendrai informés, bien entendu !

Le seul et unique Ivan est un livre « émouvant » qui peut être par moments « choquant » (dixit Jeanne). Il traite en effet de la maltraitance que peuvent subir des animaux sauvages devenus captifs. Prisonniers dans des cages, ils doivent affronter la cruauté des hommes et la solitude. Ivan, un gorille, est l’un de ces malheureux. Il nous raconte lui-même ce qui lui est arrivé.

Voilà presque trente ans qu’il est derrière les barreaux d’une ménagerie d’un centre commercial, le Circorama. Il a été capturé bébé dans la jungle et acheté par le propriétaire de la ménagerie, Mack. Celui-ci en a fait une véritable « baby star », acclamée par un public tout attendri par ses pitreries et maladresses. Puis Ivan a grandi, sa stature s’est beaucoup développée et il est devenu :

« (…) le Gorille de l’autoroute. Le Grand Singe de la sortie 8. Le Seul et Unique Ivan. Le Redoutable Dos argenté.
Mais ça ne me correspond pas : je suis Ivan, simplement Ivan.

Les hommes gaspillent les mots. Ils les jettent comme des peaux de banane et les laissent pourrir, alors que chacun sait que la peau, c’est le meilleur. »

Ivan, victime de la cupidité des hommes. Ils ont fait de lui une créature sur laquelle ils projettent leurs fantasmes. Ils ont volé sa nature animale et l’ont travesti en l’un des leurs. Ils lui ont même installé dans sa cage une télévision qu’il regarde en sirotant un soda. Il aime regarder ainsi des westerns et des films sentimentaux en compagnie de son ami Bob, un chien errant. Il voit quelquefois aussi des dessins animés dont les couleurs vives lui rappellent vaguement celles de sa jungle natale.

Sa cage est voisine de celle de Stella, une éléphante qu’on applaudit car elle s’assoit sur des tabourets ronds en métal, encerclée par un Mack à vélo déguisé en clown, et chevauchée par Snickers, le chien de celui-ci. Stella est douce, bienveillante. Elle console bien des fois Ivan.

Et un jour, le public, cruel, se lasse, n’applaudit plus. Ivan et Stella ont vieilli et peinent à faire se déplacer les foules. La ménagerie alors décline. Faute d’argent, Mack néglige le bien-être de ses animaux : Stella est blessée et il ne la fait pas soigner ; Ivan s’enfonce de plus en plus dans l’ennui. Les hommes le lassent profondément :

 « Toute la journée, j’observe les hommes qui se pressent de magasin en magasin. Ils échangent leur papier vert, des billets secs comme des feuilles mortes et imprégnés d’odeurs de milliers de mains. Ils chassent avec frénésie, repèrent leur cible, se bousculent et râlent ».

Il y a heureusement George, le gardien du centre commercial, qui continue à leur prodiguer un peu de gentillesse en nettoyant les cages et en apportant à manger ; et surtout il y a sa fille Julia, une passionnée des animaux et du dessin (à laquelle Jeanne a dû s’identifier :-)). Elle fournit ainsi un jour à Ivan de quoi dessiner et celui-ci, en s’emparant des feutres et des crayons, retrouve enfin un peu de liberté. Liberté qui sera malheureusement de courte durée car Mack s’empare des talents d’artiste d’Ivan en vendant ses dessins.

La vente des dessins cependant ne suffit pas à redresser la barre, alors arrive un jour une nouvelle pensionnaire, Ruby, un bébé éléphant dont le regard va bouleverser Ivan :

 « Comme Stella, elle a des yeux noirs bordés de longs cils pareils à des lacs sans fond entourés d’herbes hautes ».

Ivan va éprouver le besoin irrésistible de la sauver de cette sinistre ménagerie et grâce à elle, ainsi qu’à l’aide précieuse de Julia, il va peu à peu retrouver sa splendeur animale et sa force. Il va devenir, véritablement, « le seul et unique Ivan ».

Comme Jeanne, j’ai trouvé ce récit très émouvant, d’autant plus qu’on apprend qu’Ivan, le gorille peintre du centre commercial, a bel et bien existé. J’ai éprouvé une réelle empathie avec ce gorille qui s’exprime à la première personne ! Le thème choisi est dur ; fort heureusement, Katherine Applegate n’abuse pas des images-choc et évite tout effet de sensiblerie. De belles valeurs sont véhiculées : le courage, l’entraide, la soif de liberté qui peut soulever des montagnes et l’amour bien sûr. La fin, que je ne vous révélerai pas, m’a réellement enchantée car oui, on a droit à un bel happy end, et ça c’est réconfortant ! Ce livre est un véritable baume qui permet d’apaiser les blessures que peuvent infliger ces satanés humains ! Je vous le promets, lorsque vous parviendrez aux dernières pages, vous afficherez un large sourire, tout attendris et émerveillés par ce qui est en train de se passer.

Un grand, grand merci à ma Janou avec qui je peux partager de bien belles émotions…

Edité par Seuil Jeunesse en janvier 2015.
Traduit de l’américain par Raphaële Eschenbrenner
Illustrations de Patricia Castelao

 

Lectrice_preferee
Ma lectrice préférée !

 

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7 réflexions au sujet de « Le seul et unique Ivan : Katherine Applegate »

    1. Merci pour ce retour ! Je tenais beaucoup à faire cette chronique, à partager une émotion de lecture avec ma fille (j’ai remarqué que toi aussi tu invitais ta fille dans ta vie de lectrice :-)), et avec vous bien sûr !

      Aimé par 1 personne

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