Papa à grands pas : Nadine Brun-Cosme et Aurélie Guillerey

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Dimanche, c’est la fête des pères ! L’occasion rêvée pour vous présenter un album à la fois doux et pétillant, de couleurs et d’imagination, écrit par Nadine Brun-Cosme et si joliment illustré par Aurélie Guillerey. Je suis une inconditionnelle du talent de cette illustratrice, toujours séduite par la générosité de ses couleurs et ses trouvailles drôles et élégantes. On ne peut que fondre en lisant ce « Papa à grands pas », un papa épatant, qui n’a pas son pareil pour rassurer son fiston Mathieu, inquiet ce matin. En effet, « ce matin, la vieille voiture verte de papa a du mal à démarrer. On dirait qu’elle a le hoquet ! » Alors si ce soir elle tombait en panne, comment ferait papa pour venir le chercher à la crèche ? Eh bien c’est simple. Il suffit d’un peu (beaucoup) d’imagination et faisons-lui confiance, « Papa à grands pas » n’en manque pas quand il s’agit de rassurer son petit garçon !

 

A chaque question que lui pose Mathieu, sur comment va-t-il faire, il trouve la réponse. Il ne « sèche » jamais et expose à chaque fois la parade idéale qui va balayer les inquiétudes de son fils. Ainsi, si la vieille voiture ne veut pas démarrer, quoi de plus facile que d’emprunter le « gros tracteur rouge du voisin »…

 

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Et si le tracteur crachote lui aussi un peu trop, zou ! Il n’y a qu’à monter sur « ce gros doudou paresseux qui dort au bout de ta couette » !

 

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Et si le doudou est trop profondément endormi, les oiseaux du jardin se feront un plaisir de faire voler papa dans les airs jusqu’à la crèche :

 

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Etc., etc.…Car il y en a des « et si… » dans la bouche de Mathieu ! Un jeu tendre s’engage alors entre le père et le petit garçon, chacun « rivalisant » de trouvailles pour raconter l’histoire d’un super-papa, prêt à tout pour serrer le soir dans ses bras son fils adoré. Le texte de Nadine Brun-Cosme est doux et rassurant. Un cocon pour les petits enfants qui se posent souvent cette terrible question de l’abandon et du « m’aimes-tu assez ? » Que c’est bon de sentir qu’un adulte aura toujours les ressources nécessaires pour nous retrouver ! Rien ne lui est impossible pour nous couvrir de bisous. Surtout quand on est « Papa à grands pas ».

Une très belle complicité, solide, existe entre ce papa et son p’tit gars. Ils s’amusent autant l’un que l’autre à inventer des péripéties, à apporter des solutions, et à se raconter une histoire. L’imagination vagabonde, fonctionne à plein régime, turbine, s’emballe, faisant se succéder des situations de plus en plus cocasses.

Les illustrations d’Aurélie Guillerey sont le pendant parfait de cette tendre vivacité. Les couleurs éclatantes ravissent le regard et donnent l’irrésistible envie de sourire. Le noir, présent sur chaque page (c’est la marque de fabrique d’Aurélie Guillerey), permet de rehausser l’éclat des couleurs et donnent une tonalité très élégante. Je trouve ce papa très séduisant dans son costume noir, à la silhouette dégingandée. Léger, gracile, rien ne l’arrête pour voler au secours de son petit garçon ! Remarquez, c’est logique, sa vieille voiture verte n’est-elle pas immatriculée « PAPA 007 » ?

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Un papa extra qui s’illustre non par sa force physique, ses exploits sportifs, son ingéniosité en bricolage ou en mécanique ; il n’y a qu’à constater l’état de sa voiture, toit percé, recouvert d’un parapluie pour parer aux averses, et qui est encore encombré du service à thé du matin qu’on n’a pas débarrassé car vite, vite, on est pressé, pour être à l’heure à la crèche et au travail ! Un papa qui s’illustre surtout par la force de son imaginaire et de sa tendresse. Une bien belle transmission s’opère entre ce papa et son petit garçon ! J’ai beaucoup apprécié la couleur rose de la page de garde qui nous fait entrer dans un univers de douceur.

Que j’aime ce papa !! Cela tombe bien, j’en connais un…et je parie que vous aussi !

 

A visiter absolument le site d’Aurélie Guillerey.

A lire son interview dans le blog Agent 002, avec de très belles photos de ses œuvres.

Je vous invite aussi à vous plonger dans l’album Bien fait pour vous (éd. Milan jeunesse) écrit par Claire Clément et qui montre le beau travail effectué sur le noir d’Aurélie Guillerey. Les paysages d’automne et d’hiver sont magnifiques !

Et bien sûr rendez-vous sur le site de Nadine Brun-Cosme, auteure d’albums, de romans, de pièces de théâtre, d’essais. J’aime beaucoup sa série « Grand loup et petit loup » (Les albums du Père Castor), notamment le tome 3 Une si belle orange ; le texte est d’une très belle sensibilité.

 

Publié par les éditions Nathan en mars 2015.

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J’ai toujours ton coeur avec moi : Soffia Bjarnadottir

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« Lorsque Siggy est morte, j’ai eu envie de réclamer ses yeux à l’entrepreneur des pompes funèbres. Je me demandais si l’on pouvait hériter d’une paire d’yeux. S’il était courant que les proches du défunt réclament leurs organes favoris. J’imagine ses pupilles qui me fixent effrontément depuis l’au-delà. Je n’ai toutefois jamais formulé cette requête et, avant que j’aie eu le temps de dire ouf, Siggy était redevenue poussière. Ses yeux, des étoiles dans un ciel de ténèbres. »

 

Un incipit qui nous plonge d’emblée dans l’étrange, les ténèbres, la force d’une présence, celle de Siggy. Siggy était mère et c’est sa fille, Hildur von Bingen, qui nous parle. Elle est effarée en apprenant la mort de celle qui l’ « avait élevée, seule et à son étrange manière ». Elle est désorientée : « Morte. Elle n’était plus mon nord ni mon sud, ni mon est ni mon ouest. » Un manque effroyable, un « trou dans le cœur ». Et pourtant, que de souffrances vécues avec Siggy, que de terribles moments partagés quand elle était petite fille. Siggy l’insaisissable, l’amarre impossible, la boussole détraquée qui laisse tournoyer l’aiguille affolée dans le vide…

Dans ce premier roman, l’auteure islandaise Soffia Bjarnadottir nous conte l’amour singulier qui lie une mère folle, souffrant de troubles bipolaires, à sa fille, luttant comme elle peut pour ne pas se laisser emporter par le même mal. Une relation toxique déchirante qui se pare de beautés inattendues et insensées : les souvenirs du quotidien avec Siggy, les cauchemars récurrents, les visions étranges qui assaillent Hildur recèlent une indéniable poésie ; une poésie sombre bien sûr, quelquefois funeste, mais aussi solaire. Il s’agira pour Soffia Bjarnadottir de nous montrer la part de vie, de lumière, qui existe en Hildur von Bingen et qui existait en Siggy.

Hildur a vécu avec sa mère jusqu’à ses seize ans, en Islande. Leur quotidien, qu’a partagé un moment Petur, le grand frère, était spécial, éprouvant. Hildur était spectatrice d’un film qui recommençait chaque jour, mettant en scène la mort et la renaissance de sa mère, tour à tour désespérée et euphorique, follement joyeuse :

 « Aussi loin que je me souvienne, maman a toujours brûlé de l’intérieur. Comme Narcisse, elle était en quête de sa propre flamme. Du feu originel. Dans ma jeunesse, elle possédait les pouvoirs caractéristiques du phénix. Un oiseau millénaire qui bat des ailes et renaît de sa propre déchéance. Régulièrement, elle rejaillissait des cendres, belle et fraîche, le soleil éclairant son visage. Impossible d’endurer la vie avec de tels personnages. Terre calcinée et odeur de brûlé à chaque pas. Puis voilà que cet ersatz de phénix s’élève comme le soleil à l’aube, et nous demeurons en arrière, la face grise de cendres. On dirait que rien ne peut affecter ces gens-là. Ainsi était Siggy. Mon frère et moi étions spectateurs, et toute notre vie a eu le goût des cendres. »

Hildur se réfugie de temps à autre chez sa grand-mère, une femme taiseuse, terre- à- terre, qui la replonge dans la normalité en lui préparant notamment de vrais repas, du poisson accompagné de pommes de terre, qui remplace les oranges que Siggy peut lui servir midi et soir, pendant des jours, « la couleur des agrumes la mettant de bonne humeur. »

Hildur un jour n’en peut plus et, accablée de fatigue, fuit cette prison de folie maternelle. Elle a l’envie de « disparaître sans laisser de trace. Comme un lombric sous la terre ». Elle fuit même l’Islande, parcourt le monde et devient archéologue. De chantier en chantier, elle fouille les pierres, les débris et se construit comme elle peut. Mais ses démons l’accompagnent, dans des rêves éveillés le jour, dans des cauchemars la nuit ; et il y a les souvenirs, « des morts-vivants qui ne reçoivent d’ordres de personne. »Cela la laisse souvent sans force, paralysée par la peur de devenir folle elle aussi.

Siggy va resurgir dans sa vie. Alors qu’elle est sur un chantier de fouilles en Finlande, on lui annonce un jour au téléphone que sa mère est morte et qu’elle lui a légué une maison sur l’île de Flatey, en Islande, dans le Breidafjördur, une île perdue dans « le silence et l’odeur d’algue (…) où les phoques sur la plage ont des yeux d’homme et la terre est toujours humide pour peu qu’on cherche des lombrics à la nuit tombée ». Elle revient donc au pays maternel, curieuse de découvrir cette maison avec pour seul bagage quelques vêtements et une lettre rédigée par Siggy.

La maison sur l’île surprend Hildur, qui ne reconnaît pas les traces que Siggy a laissées, comme si cette femme lui était inconnue, semblant avoir mené là, alors qu’elle y passait ses derniers jours, une vie simple et peut-être heureuse. Le trouble d’Hildur s’en va grandissant lorsque pour les funérailles de sa mère, elle voit l’amant de celle-ci, surnommé Kafka, un homme qui lui était sincèrement attaché, brisé par le chagrin. Puis elle rencontre David, « au corps tranquille », aux mains rassurantes, qui la couve chaleureusement de ses étranges yeux vairons. Dans la dualité du regard de cet homme se reflète l’affrontement entre la mort et la vie, la folie et le réel, la souffrance et la guérison, qui ont toujours habité Hildur. Et surtout, il y a cette lettre, que lui a adressée Siggy, qui contient des mots qu’elle n’a jamais entendus.

Hildur, « une fillette solitaire », « une enfant qui tissait une toile avec des veines et des vaisseaux, qui creusait la surface du monde pour s’assurer qu’à l’intérieur c’était le vide absolu ». Se sentira-t-elle grandie et apaisée, enfin, sur cette île maternelle isolée et balayée par les vents ?

J’aurais tant de choses à dire sur ce roman de Soffia Bjarnadotir. Son écriture simple, ses images étranges et saisissantes, ses cours chapitres qui font se succéder les incursions dans la folie et les retours au réel, les souvenirs et les instants présents sur l’île, m’ont bousculée et beaucoup touchée. C’est un livre précieux, douloureux, que j’aimerais offrir un jour, peut-être, à ma fille. Beaucoup de ténèbres, certes, mais aussi une belle lumière. Une réelle passation s’opère au fil des pages entre une mère et sa fille, mobilisant à la fois la mort et surtout la vie.

Je vous invite également à lire la belle chronique d’Abigail dans Le monde de Tran qui, alors que je ne l’avais pas encore lu ce livre, avait achevé de me convaincre.

Et je terminerai en vous citant ce poème d’E.E. Cummings qui a donné son titre français à ce roman :

« J’ai toujours ton cœur avec moi
Je le garde dans mon cœur
Sans lui, jamais je ne suis
Là où je vais, tu vas ma chère
Et tout ce que je fais par moi-même,
Est ton fait, ma chérie.
Je ne crains pas le destin
Car tu es à jamais le mien, ma douce.
Je ne veux pas d’autre monde
Car, ma magnifique,
Tu es mon monde, en vrai.
C’est le secret profond que nul ne connaît.
C’est la racine de la racine,
Le bourgeon du bourgeon
Et le ciel du ciel d’un arbre appelé Vie
Qui croît plus haut que l’âme ne saurait l’espérer
Ou l’esprit le cacher.
C’est la merveille qui maintient les étoiles éparses.
Je garde ton cœur, je l’ai dans mon cœur. »

(J’ai toujours ton cœur avec moi, in 95 Poèmes, 1958)

 

Publié par les éditions Zulma en janvier 2016.

Gustave dort : Albert Lemant

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Aujourd’hui dans Des Livres tous azimuts, il y aura des frissons, du rêve, de l’humour et des gravures…Vos yeux s’écarquilleront d’effroi et se rempliront de merveilles ; alors, prêts ?

Bienvenue dans les nuits de Gustave, des nuits magiques, horrifiques, magnifiques ! Des créatures à foison peuplent son imagination. Elles s’invitent dans sa chambre et l’entraînent dans une folle sarabande, le laissant épuisé et heureux au petit matin, alors qu’il est déjà l’heure de se lever pour aller à l’école…C’est qu’elles sont trépidantes, les nuits de Gustave ! Il y croise Don Quichotte qui l’invite à « trucider des moulins à vent », puis des cosaques sanguinaires, Gargantua, le Chat Botté, Barbe-BleuePerrault, Rabelais, Cervantès, la « sainte Russie » mis côte à côte, cela vous rappelle quelque chose ? Eh oui, nous sommes bel et bien dans l’univers de Gustave Doré. Albert Lemant lui rend un hommage des plus réussis et des plus gourmands. Ses gravures (Albert Lemant a été taille-doucier), exposées dans ce bel album au format à l’italienne, démontrent une imagination truculente et débridée, qui pioche aussi du côté d’Alice au Pays des Merveilles, Tintin, Max et les Maximonstres, Little Nemo, et d’autres…Un formidable voyage dans le rêve, le conte, le bizarre, les peurs délicieuses…Allez, embarquez-vous !!

 

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C’est le musée d’Orsay qui a passé commande auprès d’Albert Lemant pour cet album jeunesse s’inscrivant dans l’exposition Gustave Doré (1832-1883) : l’imaginaire au pouvoir (18 février au 11 mai 2014). Il faut dire qu’Albert Lemant aime les musées. Cet illustrateur, qui est aussi graveur, peintre, écrivain jeunesse et adulte (cf. Bogopol, qu’il a signé Albert Lirtzmann aux éditions Panama, aujourd’hui malheureusement défuntes et qui avaient réédité des titres de La Bibliothèque de Babel, collection de littérature fantastique dirigée par Borges) a conçu et mis en scène plusieurs expositions. En compagnie de son épouse Kiki, plasticienne de son état, il a investi le musée du Quai Branly en 2010 lors de l’exposition La Route des Jeux, présentant une collection de jeux ayant appartenu au pirate Jean Lafitte, qui a réellement existé. Et toujours avec Kiki, il a installé des girafes géantes en papier mâché sorties tout droit de l’album Lettres des Isles Girafines (éd. Seuil Jeunesse), dénonçant avec humour et poésie le colonialisme en Afrique ; on trouve ses girafes actuellement au Museum d’histoire naturelle de Toulouse pour l’exposition Il était une fois…Girafawaland.

Il était normal qu’Albert Lemant croise la route de Gustave Doré, tous deux experts en diversifications artistiques, fantaisistes, oniriques, tous azimuts !

 

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Don Quichotte, Gustave Doré

 

De plus, Albert Lemant fait figure d’autorité en matière de contes et de frousse puisqu’il est l’auteur, entre autres, du désormais classique ABC de la trouille (éd. L’Atelier du Poisson Soluble, 2011) que l’on montre à nos bambins ravis et effrayés dans les écoles maternelles (ma fille Jeanne peut en témoigner) et du désopilant Les Ogres sont des Cons (éd. L’Atelier du Poisson Soluble, 2009).

Un univers « lemantesque » foisonnant, qui se nourrit de plaisirs, de frayeurs, de rêveries échevelées, de voyages au bout du monde et au bout de la nuit, et qui se déploie superbement dans cet album Gustave dort. Les gravures en double-page fourmillent de détails qu’on ne se lasse pas d’observer. Votre petit(e) compagnon (compagne) à qui vous ferez la lecture se sentira l’âme d’un(e) explorateur(trice) en plongeant dans ces illustrations qui remplissent les yeux, prendra plaisir à s’identifier au jeune Gustave et à reconnaître les personnages qu’il croise : oh ! Le Chat Botté ! Et ici, l’Ogre ; là, la Reine de Cœur d’Alice au Pays des Merveilles, ou encore les Trois Brigands (hommage délicieux à Tomi Ungerer). Et tout ce beau monde de s’interpeller, de se courir après, de se faire peur, de se faire tomber dans la marmite de l’un ou dans la grande bouche de l’autre, de se battre comme des chiffonniers…

L’on cherchera également au beau milieu de ce tumulte, dans chaque page, une petite poule couleur « vert Véronèse » qui accompagne Gustave. Voici ce qu’en dit Albert Lemant :

« On raconte qu’un jour en Alsace un petit garçon à qui on avait donné de la peinture mais pas de toile pour peindre n’aurait rien trouvé de mieux comme « support » qu’une petite poule qui passait par-là, et l’aurait entièrement recouverte de vert Véronèse. »

« On dit aussi que cette poule verte hanta longtemps les rêves, souvent noirs, du petit garçon qui, né en 1832, deviendra un des plus grands illustrateurs de tous les temps ».

 

On note ainsi que Gustave Doré était alsacien, de même que Tomi Ungerer (moi-même, du côté de mon père, mais bon, je reste complètement objective quant à la qualité de cet album 🙂 ), ce qui explique les maisons à colombage en toile de fond et les Alsaciennes à coiffe côtoyant Don Quichotte ou le Grand Méchant Loup.

 

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J’espère vous avoir donné l’envie de vous (re)plonger dans l’œuvre d’Albert Lemant. Si vous êtes un tant soit peu sensibles à l’humour, à l’imaginaire, au jeu, au beau, visitez illico le site de l’auteur.

A découvrir aussi (je ne l’ai pas encore lu malheureusement) son dernier ouvrage Encyclopédie de cet idiot d’Albert (toujours à L’Atelier du Poisson Soluble, septembre 2015).

Et rendez-vous à l’exposition de l’Abbaye de l’Escaladieu à Bonnemazon (Hautes-Pyrénées) intitulée Les Très riches heures (non pas du duc de Berry) de Kiki et Albert Lemant !

Publié en coédition par L’Atelier du Poisson Soluble et le Musée d’Orsay (janvier 2014)