Des livres tous azimuts achète un livre québécois

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Me baladant  souvent sur le blog de Madame lit, j’ai pris connaissance d’une journée célébrant la littérature québécoise : « Le 12 août, j’achète un livre québécois » (lire le billet de Madame). Trouvant cette initiative très sympathique et voyant là l’occasion de combler un tout petit peu mes (nombreuses) lacunes en ce domaine, j’ai décidé d’y participer en achetant en librairie L’avalée des avalées de Réjean Ducharme ; une chronique de Madame lit sur ce roman m’avait fortement tentée. J’ai hâte de me plonger dans cet univers mystérieux, peuplé d’images étranges et poétiques.

Et vous, y participez-vous ?

Voici le lien de la page Facebook de l’événement

 

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Manuel d’exil : comment réussir son exil en trente-cinq leçons : Velibor Colic

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Que j’ai aimé ce livre ! Il m’a beaucoup fait rire, il m’a émue et séduite. C’est bien simple : Velibor Colic, le héros de ce Manuel d’exil, est irrésistible. Extrêmement drôle, généreux, séducteur, le regard acéré, il m’a prise dans ses filets. Il nous raconte son arrivée en France en 1992, après avoir été soldat dans l’armée bosniaque. Le jeune homme de vingt-huit ans qu’il était alors a fui son pays ravagé par la guerre et a traversé la Croatie, la Slovénie, l’Autriche et l’Allemagne pour se retrouver, complètement seul, sans argent, ne maîtrisant pas le français, à Rennes où il obtient une place dans un foyer de demandeurs d’asile. Animé d’une vitalité incroyable, qui le poussera à devenir écrivain en France, s’octroyant même le luxe d’écrire ses livres directement en français dès 2008, il parvient à supporter le difficile quotidien des réfugiés, celui de la faim, du corps usé, malade, et celui qui confronte à une immense solitude, lui faisant ressentir un véritable « froid métaphysique ». Il faut dire que s’il a laissé tomber les armes en désertant l’armée, il en a néanmoins conservé deux, autrement plus redoutables que les fusils : l’humour et la littérature. Son autodérision est extraordinaire, ne rate jamais sa cible, lui-même, et sa foi en l’écriture ne faiblit pas. En 35 courts chapitres, Velibor Colic, qui ne cesse de brandir l’étendard de la poésie, réchauffant l’âme et reliant les êtres, nous montre comment il a « réussi son exil ».

 

Ce n’était pas gagné, loin de là, quand il descend du train en gare de Rennes :

« J’ai vingt-huit ans et j’arrive à Rennes avec pour tout bagage trois mots de français – Jean, Paul et Sartre. J’ai aussi mon carnet de soldat, cinquante deutsche marks, un stylo à bille et un grand sac de sport vert olive élimé d’une marque yougoslave. Son contenu est maigre : un manuscrit, quelques chaussettes, un savon difforme (on dirait une grenouille morte), une photo d’Emily Dickinson, une chemise et demie (pour moi une chemise à manches courtes n’est qu’une demi-chemise), un rosaire, deux cartes postales de Zagreb (non utilisées) et une brosse à dents ».

Il a tout laissé derrière lui et sent à présent la solitude lui vriller le cœur :

« Je suis assis sur ce banc public à Rennes. Il pleut de l’eau tiède et bénite sur la ville. Je réalise peu à peu que je suis le réfugié. L’homme sans papiers et sans visage, sans présent et sans avenir. L’homme au pas lourd et au corps brisé, la fleur du mal, aussi éthéré et dispersé que du pollen. Je n’ai plus de nom, je ne suis plus ni grand, ni petit, je ne suis plus fils ou frère. Je suis un chien mouillé d’oubli, dans une longue nuit sans aube, une petite cicatrice sur le visage du monde ».

Il dispose d’une chambre dans un foyer où il rencontre d’autres réfugiés dont certains deviennent ses compagnons d’escapades nocturnes éthyliques, apaisant la soif et la nostalgie. On lui propose aussi des cours de français, ce qui lui est indispensable car il affirme, rien de moins, que son « projet en France » est d’avoir le Goncourt ! Il a en effet déjà publié plusieurs livres quand il vivait en Bosnie. Mais avant, il va falloir apprendre à dire « Où est la Poste ? » et ça, ce n’est guère stimulant pour notre futur lauréat. Le voici alors qui décide de prendre des cours en accéléré auprès d’une petite amie française. Il rencontre dans un bar Isabelle, qui « ressemble à un ange qui louche, une Joconde bien nourrie avec quelques gouttes de sang espagnol et républicain dans les veines ». La belle a chez elle des recueils de poésie qu’il apprend et déclame la nuit avec grand enthousiasme et force bières.

Apprendre le français pour pénétrer la sphère littéraire, devenir un de ces écrivains dont les livres « aux belles couvertures blanches et jaunes » ornent les vitrines des librairies, mais aussi pour trouver son salut. La douleur est grande d’avoir dû quitter son pays et ses proches et le seul moyen de la laisser derrière soi serait de la penser et de l’exprimer uniquement dans sa langue maternelle ; une nouvelle vie en France qui « exige un esprit fort et une mémoire blanche ».

Alors Velibor Colic travaille à l’écriture, et dur. Il quitte Rennes pour Paris – Paris la cruelle où la pauvreté mais aussi les rencontres fraternelles sont au rendez-vous – puis Strasbourg, où il est invité par le Parlement des écrivains. Il passe des nuits entières à taper sur sa machine à écrire, « une magnifique Olivetti » qu’il nomme Hamsun. Il écrit à partir de ses notes rédigées dans ses carnets de soldat, quand il était dans les tranchées, tenaillé par la peur et la rage. Il n’hésite pas à dire de ces écrits, d’un ton vachard :

« Mon manuscrit est un vrai manuscrit, écrit à la main. Lignes serrées, pour économiser la place, j’énumère mes observations, mes pensées et jurons. Je suis en même temps anti-guerre et anti-paix, humaniste et nihiliste, surréaliste et conformiste, le Hemingway des Balkans et probablement LE plus grand poète lyrique yougoslave de notre temps. J’ai juste un détail à régler : mes textes sont beaucoup plus mauvais que moi-même ».

Et de ces nuits finit par naître son premier livre publié en France : Les Bosniaques (éd. Le Serpent à Plumes, 1994). On l’invite alors à France Culture, il devient un « écrivain en résidence », se rend à des dîners où sont également conviés Salman Rushdie et Toni Morrison, part en tournée de promo accompagné de « trois grands philosophes engagés et un grand écrivain français », qui « brillent de mille feux » lorsqu’ils s’adressent aux public et journalistes. Lui, Velibor, est plus en retrait, maîtrisant encore difficilement la langue et se sentant également « dépossédé » : les autres ont l’air d’avoir tellement de choses à dire sur le conflit en ex-Yougoslavie…En dépit des mondanités, de la reconnaissance, il y a la solitude, encore et toujours, de celui qui a tant perdu, le réfugié, le migrant…

Allez-y, précipitez-vous dans votre librairie préférée, assiégez votre bibliothèque jusqu’à ce qu’elle fasse l’acquisition de ce livre, lisez absolument Manuel d’exil de Velibor Colic. C’est un roman généreux, nécessaire, d’une actualité brûlante, qui fait briller les yeux de plaisir et d’émotion.

Je vous invite à lire le beau billet de Joëlle (Les livres de Joëlle) qui a eu la chance de rencontrer Velibor Colic.

 

Publié aux éditions Gallimard en avril 2016

Courir après les ombres : Sigolène Vinson

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Qui est Paul Deville, personnage principal de Courir après les ombres, ce Français qui arpente la Corne de l’Afrique pour le compte d’une multinationale chinoise ? De port en port, il négocie des matières premières et il noie aussi sa mélancolie dans le whisky. Une mélancolie qui lui colle à la peau, qui se nourrit du triste spectacle des ravages de la mondialisation, et qui le laisse parfois hébété assis sur un des bancs en béton qui peuplent les ports, faisant face aux bateaux amarrés flottant sur une mer « irisée de gasoil », aux « remugles de mazout ».

Une mélancolie qui lui fait chercher de la poésie, celle de Rimbaud, trafiquant d’armes dans le Golfe d’Aden et qui aurait, peut-être, composé des derniers écrits. C’est ce trésor que Paul Deville souhaite découvrir ardemment, parallèlement à ses explorations financières. Mais la poésie a-t-elle sa place dans un monde régi par les lois du marché ? Qui, du trader ou du chercheur de rêves, de beautés, définit le mieux Paul Deville ? Sigolène Vinson, dans ce roman original qui transporte le lecteur instantanément, nous montre toutes les ambiguïtés d’un homme : acteur d’un système économique opulent et impitoyable, il s’éprouve à la laideur mais aussi aux beautés du monde et à celles de la littérature.

La scène d’ouverture du livre nous montre Paul et son compagnon Harg, un nomade éthiopien, en train de déterrer à Djibouti une malle qui appartiendrait à un certain John Tucker Rountree, un Anglais dernier amant de Rimbaud. A l’intérieur, ils découvrent un coffret criblé de trous. Paul déclare que :

 «  Ce coffre appartenait à Arthur Rimbaud. Les impacts de balles proviennent des fusils Legros dont il faisait le trafic pour l’empereur Ménélik. »

Mais à l’intérieur, ce n’est qu’une bouillie indescriptible, une masse gluante de ce qui devait être des papiers. On peut leur faire dire ce qu’on veut.

Ce n’est pas la première fois que Paul et Harg cherchent un trésor littéraire dans cette région de l’Afrique. Ils ont déjà cherché les paniers à huîtres d’Henry de Monfreid, les ombres de Joseph Kessel et la moto de Romain Gary. Que cherche Paul en voulant découvrir ces « restes » d’écrivains ? La richesse ? Après tout, il est expert en transactions financières. A-t-il une âme de mercenaire ? Ou bien cherche-t-il des chimères qui l’aideraient à saisir des instants de beauté, d’intensité, dans un monde défiguré par les multinationales ?

Oui, la littérature fait sens dans ce monde crasse, y laisse de belles empreintes, Paul en est persuadé. Pourquoi s’attache-t-il autant à Rimbaud, si ce n’est pour exhumer des vers ultimes qui prouveraient que celui-ci « est resté poète et n’a pas cédé au commerce », que le trafiquant d’armes a perdu la partie ? Que lui, Paul, ne s’est pas totalement corrompu en devenant un négociant des temps modernes ?

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Rimbaud en Abyssinie

 La littérature a toujours occupé une belle place dans la vie de Paul, et ce dès l’enfance. Ses parents enseignants faisaient entrer les livres chez eux. Son père, professeur d’économie à l’Université de Montpellier, l’encourage à lire La maison de Nucingen de Balzac plutôt que des traités d’économie pour élaborer son propre système de pensée sur le monde. Mais celui-ci malheureusement se mit à perdre la raison, comme s’il se désespérait d’enseigner l’économie à des étudiants peu attentifs au déclin moral de la société, « à des jeunes gens trop grossiers pour changer un monde qu’ils considéraient très confortable ». Alors Paul décide, lui, de lutter et à la suite du père, devient enseignant en économie, désireux de créer un nouvel ordre mondial :

 « Très vite, il avait jugé que les ressources étaient à chercher du côté des biens immatériels et des forces créatrices, des livres et des poèmes jamais lus ni jamais écrits. Il avait réussi à être reconnu sur ces thématiques. Certains hommes politiques avaient même puisé des idées de campagne dans ses recherches. Mais les éditorialistes s’étaient empressés de ridiculiser leur programme. Paul avait compris qu’il demeurerait impuissant face à l’obscénité des décideurs ».

Paul, amer, change de fusil d’épaule et décide de se mettre au service du diable pour mieux le terrasser, à moins qu’il ne se décide à renoncer, tout simplement : il a l’opportunité un jour de travailler pour une compagnie chinoise qui négocie des matières premières en Afrique et dans le Golfe Persique et qui y implante des bases navales. Il se persuade alors de contrer le système occidental en devenant un aventurier de l’expansionnisme communiste.

Difficile de ne pas se perdre quand on entre au service de la mondialisation. Paul s’abîme les yeux, l’esprit, car il voit des régions défigurées par la recherche du profit. Elles deviennent sèches, ou bien poisseuses, polluées par les exploitations. Elles se vident de leur vie, animale et humaine. Ainsi, la jeune pêcheuse somalienne Mariam, qui attire tant Paul pour sa beauté, survit de plus en plus difficilement face aux gros navires qui pillent ses zones de pêche . Cush, le cousin de Harg, va grossir le rangs des migrants et mettre sa vie en danger en quittant la pauvreté de Djibouti pour un hypothétique ailleurs en Europe.

Alors, Paul se réfugie dans la littérature. Il offre à Mariam La Vie devant soi et poursuit ardemment sa quête des écrits peut-être jamais écrits de Rimbaud. Il se réfugie aussi dans les yeux jaunes-verts, étranges, de Louise, une Française qu’il rencontre sur un paquebot norvégien. Et il se réfugie souvent dans l’alcool en grillant sa vie avec des cartouches de cigarettes. Dans ces moments de solitude éthylique, il quitte son costume de financier :

 « Ce soir le négociant se fait la malle. Revient le rêveur qui a mal à son rêve ».

Un bien beau roman que nous offre Sigolène Vinson, dans lequel s’invitent la gravité, la mélancolie et la noirceur, mais toujours avec élégance. Nulle complaisance dans le désespoir. Il y a souvent des piques d’humour (noir, certes) qui nous titillent, une mise à distance salutaire, délicate. L’écriture est vive, le ton quelquefois rude, un peu « mal léché ». Il y a également de très beaux regards poétiques.

Je suis très reconnaissante envers Sigolène Vinson qui a réussi à mettre au cœur de la géopolitique de l’humain et de la littérature. J’avais beaucoup aimé Le Caillou et je fais maintenant de Courir après les ombres mon nouveau compagnon. Je suis heureuse de pouvoir le partager avec vous et je remercie infiniment Sigolène Vinson.

Publié en août 2015 par les éditions Plon

Kannjawou : Lyonel Trouillot

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Voici la chronique cruelle et poignante de la « bande des cinq », cinq jeunes gens d’Haïti qui peinent à trouver leur place dans un pays ravagé par l’Histoire colonisatrice, la dictature, le tremblement de terre et l’humanitarisme de la communauté internationale. Les Cinq se nomment Wodné, Sophonie, Joëlle, Popol et « le scribe », le narrateur du roman. Chacun(e) incarne les singularités et contradictions d’une jeunesse haïtienne orpheline, privée de rêves et de parents qui semblent avoir démissionné. Lyonel Trouillot, avec une écriture rythmique qui vous happe, vous enveloppe, fait entendre les voix d’individus qui, sous le poids du passé et du présent, tentent de s’extirper des combats et de la résignation pour se diriger vers un futur.

Le « scribe » consigne dans un journal les jours qui défilent, sans relief, dans le quartier misérable de la rue de l’Enterrement, menant au grand Cimetière. Déserté par ceux qui avaient encore de l’argent, le quartier va à vau-l’eau, et il ne semble plus guère animé que par les cortèges funèbres. Difficile de songer à un quelconque avenir, de se fabriquer des rêves, quand la vie vous file entre les doigts : les morts s’entassent au cimetière, les commerces n’existent plus et votre pays, occupé hier et encore aujourd’hui, ne sait plus qui il est. Et pourtant…même s’ils ne suffisent pas toujours, il y a les mots. Les mots qui peuvent faire « bouger la vie ».

Les mots du journal, ceux des livres que lit le narrateur, ceux qu’il échange avec le « petit professeur » qui vient d’un autre quartier, plus aisé, et possède un trésor de bibliothèque. Les mots également de man Jeanne, doyenne du quartier qui ne s’est jamais départie de son humanité et de sa dignité, même aux heures les plus sombres, et qui possède, outre un fort tempérament, un étonnant art de la formule.

Mais il y a aussi les mots qui trompent. Ceux d’abord des représentants des ONG internationales. Sous couvert d’humanisme, ils se racontent des mensonges pour justifier leur présence en Haïti. Gagner des points de carrière grâce à un tremblement de terre, la bonne aubaine ! Aujourd’hui en Haïti, demain « dans un autre pays malade où des typhons ont fait des dégâts que les dirigeants locaux seront incapables de réparer ». Finalement, la colonisation n’est pas si lointaine quand il s’agit d’exploiter la situation d’un pays pour son intérêt propre. D’ailleurs, le soir venu, ces chers représentants se trémoussent et s’enivrent en compagnie des notables de la ville au « Kannjawou », un bar typique où est singulièrement absente la population locale. Alors que le Kannjawou est une fête traditionnelle fondée sur le partage et qui réunit tout le monde, ce bar exclut les plus pauvres. Sophonie, qui y travaille comme serveuse, assiste chaque soir à cette navrante comédie.

Ensuite, il y a les mots des militants les plus radicaux qui, au nom de la liberté et de la dignité retrouvées, manient la parole comme une arme d’exclusion et de violence : « ça sent la secte et le goulag. La terreur au service du mensonge (…) L’imposture est trop lisible derrière la posture ». C’est Wodné le plus véhément, suivi de Joëlle : ils forment un couple d’étudiants révolutionnaires persuadés de reprendre le flambeau de leurs aînés ayant combattu la dictature et s’en prennent à tous ceux qui n’ont « pas choisi le domaine de la lutte ». Mais le « petit professeur », qui faisait partie des combattants de la première heure, met en garde quand la révolution se veut davantage idée, concept, que bonheur au quotidien : « Nous aimions l’avenir sans aimer le vivant. Nous avons mal aimé. C’est pourtant par l’amour qu’il fallait commencer ».

Tous ces mots-mensonges, ces mots déviés, ces mots vociférés…peut-être est-ce à cause d’eux que Popol, le frère du narrateur, est aussi silencieux. Quand il prend la parole, c’est pour demander au petit professeur pourquoi, malgré « tant d’élans prometteurs » dans le passé, « aujourd’hui, le pays est occupé. Face contre terre ». Popol, déjà résigné.

Seuls les mots de la littérature semblent alors révéler le réel, avoir prise sur lui et le magnifier. C’est ce dont est persuadé le narrateur qui fait la lecture aux enfants du quartier et qui leur invente des histoires mêlant personnages échappés de la bibliothèque du petit professeur et « vraies » personnes. Un véritable « Kannjawou » prend alors forme, avec des histoires qui invitent tout le monde à être lecteur et / ou personnage : le vrai partage.

Lyonel Trouillot, avec Kannjawou, nous offre un regard précieux sur Haïti. Dur, certes, qui nous malmène, mais qui n’est pas désespéré : la littérature, la poésie, procurent suffisamment de force pour s’extirper de la violence et de la laideur et pour réunir tout le monde, sans exclusion. L’écrivain s’engage au nom de la poésie pour redonner une vie et une identité à son pays.